« Le prix étudiant de l’IFACI est une très belle opportunité de se démarquer »

Adel Rahmani1 CIA, directeur de laudit interne de Descartes Underwriting2, rejoint cette année le jury du Prix Étudiant IFACI 3. Il revient sur les motivations qui l’ont conduit à devenir juré et souligne limportance de ce prix pour les lauréats. C’est également loccasion d’évoquer limpact des travaux récompensés, capables dapporter de nouvelles perspectives et de nourrir la réflexion autour du métier dauditeur.

Pouvez-vous nous rappeler ce quest le Prix Étudiant de lIFACI ?

Adel Rahmani: Le Prix Étudiant de lIFACI récompense les travaux universitaires en matière de gouvernance, de gestion des risques, de contrôle et d’audit interne depuis 1985. Il est principalement destiné à promouvoir les travaux sur les risques les plus importants de nos métiers, comme la conformité, la cybersécurité, les questions ESG… Mais aussi les nouveaux enjeux stratégiques pour les organisations.

Le prix offre lopportunité au lauréat de voir son mémoire publié auprès de la communauté de lIFACI et donc de ses 6 500 adhérents, et de remporter un chèque de 3 000 € en étant étudiant(e) dun établissement partenaire de lassociation ou de 2 000 € dans le cas contraire.

Peut-on savoir ce qui vous a motivé à participer à ce prix en tant que membre du jury ?

A.R. : Beaucoup de choses ! La première raison est personnelle : j’ai moi-même, il y a bientôt 20 ans, participé à un concours de ce type, qui avait dans mon cas marqué une étape importante dans mon parcours professionnel, ma carrière. Cela avait vraiment « changé la donne » pour moi. À l’époque, j’avais participé avec deux camarades à un concours d’entreprise organisé par le groupe Société Générale au niveau Monde. Nous avions fini troisième et nous nous étions vu proposer un stage de fin d’études au sein du groupe, et par la suite un emploi. C’est là que j’ai commencé ma carrière en audit, au sein de la Société Générale qui est, de mon point de vue, une excellente école pour les métiers de l’inspection et de l’audit interne. 

Et les autres raisons ?

A.R. : Le prix se situe à la rencontre de trois enjeux différents. En premier lieu, bien entendu, l’excellence académique. En second lieu, l’insertion professionnelle. Et puis, en troisième lieu, la transformation des métiers d’audit et de contrôle. Je crois également qu’il existe un intérêt tout aussi fort pour les participants que pour leur organisation, leur université ou leur école. Il y a bien sûr, un intérêt évident pour nos métiers.

J’ajouterai que je suis sensible aux questions d’égalité, de mérite et d’excellence. Le fait que l’on ait un prix qui soit ouvert à toutes les universités, à toutes les écoles, peut permettre à des étudiants brillants, qui s’intéressent vraiment à nos métiers et qui ont une proposition concrète, de se démarquer, d’être écoutés et d’avoir une tribune pour présenter ce qu’ils font.

« Être lauréat du prix peut clairement faire la différence entre deux candidats »

En regardant les prix attribués ces dernières années4, pensez-vous que les travaux primés sont en mesure d’amener de nouvelles réflexions sur le métier d’auditeur ?

A.R. : Bien sûr. Notre métier peut parfois être perçu comme très théorique, parce qu’il arrive toujours un peu plus tard dans les process. Je pense qu’il peut aussi nous arriver de nous enfermer dans ce rôle. L’innovation peut venir des plus jeunes, de ces profils qui sont beaucoup plus hybrides que ceux de nos générations. C’est une génération beaucoup plus ouverte et qui a baigné dans tous les sujets tech, par exemple. Ces jeunes sont nés avec Internet. L’IA, ils l’ont connue adolescentsétudiants. Cela fait beaucoup de différences qui, de mon point de vue, peuvent produire une approche nouvelle et intéressante de nos sujets.

Le fait de remporter ce prix peut représenter un atout sérieux dans le cadre d’un recrutement ?

A.R. : Sans aucun doute ! Pour les étudiants, c’est clairement un moyen de se démarquer. Nous avons chaque année des cohortes importantes de diplômés. Le fait d’être lauréat du Prix Étudiant IFACI peut clairement faire la différence entre deux candidats. D’une manière générale, quand on regarde le marché de l’emploi, on observe quand même un ralentissement des recrutements de juniors, en particulier chez les Big Four, en audit et en conseil. On a pu lire récemment que PwC prévoyait de recruter 30 % de juniors en moins aux États-Unis d’ici 2028, et qu’une bonne partie de cette baisse concernait des postes d’audit… Ce n’est pas un effondrement du modèle, maisles sociétés d’audit et de conseil sadaptent. Il y a une transformation, liée entre autres à l’intelligence artificielle, à des changements aussi de business model avec de l’offshoring dans certains cas. Et je pense que les jeunes diplômés auront probablement un peu plus de difficulté à s’insérer dans le monde professionnel. Donc, si l’on est sur le podium d’un prix comme le Prix Étudiant IFACI, c’est évidemment un plus.

« Je serai attentif à ce que l’on parle de choses concrètes avec des applications concrètes. »

Quels sont les sujets que vous vous attendez à retrouver pour cette nouvelle édition du prix ? 

A.R. : Je pense que l’on va retrouver des sujets auxquels je suis particulièrement sensible, comme l’IA bien sûr, la data, la transformation des métiers, ainsi que les risques émergents dont on ne parle jamais assez. Et puis, venant d’une entreprise comme la mienne, une organisation à forte croissance5 où les décisions sont prises très rapidement et peuvent avoir des conséquences majeures, j’ai des attentes particulières sur l’articulation entre la réflexion académique et les réalités du terrain. Je serai donc attentif à ce que l’on parle de choses concrètes avec des applications concrètes.

Un dernier mot pour inciter les étudiants à candidater ?

A.R. : Je souhaite insister sur le fait que le prix peut être un accélérateur de confiance et de visibilité pour le lauréat, et qu’il permet d’accéder à un réseau très large. Je pense, et j’espère, que nous aurons des candidats de différents horizons. Je sais que, souvent, les candidats arrivés à cette période voient un peu leur mémoire comme le dernier obstacle à franchir avant l’obtention de leur diplôme et l’entrée dans le monde professionnel. D’ailleurs, certains se projettent déjà dans l’étape suivante, et ont peut-être d’ailleurs commencé à chercher un emploi. Mais je pense qu’il ne faut vraiment pas sous-estimer l’importance d’un tel prix et ne pas s’autocensurer. Oser candidater et se dire que le mémoire n’est pas une finalité, c’est un moyen. Ce prix représente aussi une étape qui va ouvrir beaucoup d’autres portes.

1 Après des débuts en audit interne en banque, à la Société générale en Algérie, il est entré chez AXA, toujours en Algérie, en tant que responsable de laudit interne de la filiale. Il a ensuite rejoint les équipes du groupe pour devenir auditeur senior. Devenu senior compliance officer, avec la responsabilité notamment du contrôle interne et de la gestion des risques pour la conformité, il a rejoint Descartes Underwriting, qui propose des produits dassurance dits paramétriques, couvrant essentiellement le risque climatique. 

2 https://descartesunderwriting.com/

3 Pour candidater, il est possible de s’inscrire jusqu’au 3 novembre 2026 en postant simplement son mémoire son CV sur la page suivante : https://www.ifaci.com/prix-decernes/

4 Le lauréat du Prix Étudiant IFACI 2026 était Titouan Boyard (SKEMA Paris, Mastère Spécialisé Expert en Contrôle de Gestion, Audit et Gestion de Système d’Information) pour son mémoire : “De quelle manière les exigences croissantes en matière de cybersécurité transforment-elles les approches et les o.

5 À lire aussi : « Une nouvelle communauté IFACI dédiée à la gestion des risques pour les « entreprises à forte croissance » ».