L’IFACI propose deux formations particulièrement utiles pour utiliser au mieux les solutions d’IA générative (LLM) dans la pratique de l’audit et du contrôle internes : « Utiliser les LLM dans vos missions d’audit interne », et « Utiliser GAIA au quotidien ». Ces formations pratiques sont animées par trois professionnelles de l’audit, du contrôle et du risque, Alice Boisson1, Claire de Soras2 et Géraldine Sutra3, qui en détaillent pour nous les objectifs et le contenu.
Pourquoi et comment ont été conçues ces formations qui viennent compléter le catalogue de l’IFACI ?
Alice Boisson : L’année dernière, nous avions participé, Claire et moi-même, à l’animation de l’IFACI Challenge sur l’IA. J’avais piloté la conception des contenus sur l’atelier GAIA, le chatbot d’intelligence artificielle de l’IFACI pour les métiers du risque. C’était à la fois l’opportunité de donner de la visibilité à cet outil, de le faire tester, et d’avoir des retours utilisateurs. Nous avions eu énormément de commentaires positifs, mais seules 50 personnes avaient pu participer. Je m’étais fait la réflexion que cela pouvait intéresser beaucoup plus de monde, d’autant qu’il y a eu depuis énormément d’évolutions sur l’outil4.
Claire de Soras : GAIA est un outil hyper puissant, surtout depuis que l’IFACI a développé les spécificités de chaque agent. Alice avait déjà une bonne expérience de l’IA. De mon côté, en voyant comment GAIA avait évolué, je suis devenue aussi une utilisatrice expérimentée. Et toutes les deux, dans le cadre des certifications de service IFACI auxquelles nous participons, nous sommes souvent en contact avec des gens de tous niveaux, venant des différents métiers de la GRC. Certains ont déjà commencé à utiliser des outils spécifiques dans leur entreprise, d’autres n’en ont pas du tout.
Il nous a donc semblé intéressant de monter ces deux formations, qui sont en fait distinctes : une de trois heures pour GAIA qui est dédiée à la pratique sur cet outil, et une autre qui dure deux demi-journées, et qui est elle dédiée à comment fonctionne un LLM5, comment prompter, et tester des premiers cas d’usage. Notre objectif est de pouvoir atteindre le maximum d’adhérents et de dédramatiser un peu aussi l’IA de manière générale, en profitant aussi de cet outil très puissant qu’a mis au point l’IFACI.
« Expliquer de manière très simple ce qu’est cette technologie »
Pourquoi deux formations différentes et à qui s’adressent-elles ?
A.B. : En fait, la formation sur GAIA est vraiment spécifique à cet outil. Donc, vous allez quand même apprendre à prompter si vous n’avez jamais prompté, mais avec une orientation spécifique à GAIA, qui a son propre mode de fonctionnement, avec des règles de confidentialité particulières, des agents spécifiques qui sont entraînés à faire certaines typologies de tâches (comme interroger les Normes IIA, préparer un programme de travail basé sur les risques ou superviser une observation d’audit jusqu’aux causes et à la recommandations). Le but est d’apporter une bonne connaissance de cet outil à disposition de tous les adhérents.
Celle sur les LLM est elle plutôt une formation de compétence, qui va permettre non seulement d’apprendre à prompter, mais avec des cas pratiques pensés autour de la méthodologie d’audit. Il y a une partie où l’on explique de manière très simple ce qu’est cette technologie, ce qu’elle permet de faire – ou pas – par rapport à nos métiers, les enjeux de fiabilité, ceux de traçabilité… Et ce qui est intéressant, c’est que c’est une formation qui peut venir en complément de celles que vous avez déjà dans votre organisation, quel que soit l’outil utilisé en interne ou celui qui sera implanté à l’avenir. Les participants ont aussi la possibilité de continuer à pratiquer avec les éléments fournis. Et il n’y a en fait aucune redite entre les deux formations : rien n’empêche de participer aux deux.
C.S. : D’ailleurs nous avons organisé la formation de telle manière que, dans une même semaine, il est possible de suivre deux demi-journées sur les LLM et une demi-journée sur GAIA. Et avec la même formatrice, Alice, Géraldine, ou moi-même, qui pilotons la semaine entière afin d’avoir un vrai lien avec les stagiaires, et d’assurer une bonne complémentarité.
Quels sont les enseignements que vous pouvez déjà tirer des premiers mois de ces deux formations ?
C.S. : Les niveaux de connaissance des participants sont extrêmement différents. Et cela constitue une grande richesse pour tous les stagiaires. Certains vont déjà avoir un niveau expert en prompts, parce qu’ils ont déjà des outils à leur disposition dans leur organisation. Et ils vont participer pour avoir une autre vision, notre apport en termes d’audit, de contrôle interne, d’expérience, des cas d’usage que l’on a pu traiter. Ils ne connaissent pas forcément GAIA, et voudraient voir comment cela fonctionne et ce que cela peut leur apporter.
Et puis il y a les débutants, ceux qui ne se sont même pas forcément encore connectés à un outil. Tous les auditeurs ne sont pas forcément à l’aise avec les outils informatiques et certains sont même réticents, avec cette idée que l’IA risque de les remplacer et d’effectuer le travail à leur place. Mais ils vont apporter une expérience métier différente en revanche. Et au final, tout le monde pratique ensemble, en s’enrichissant mutuellement.
« Acquérir une compétence réellement appliquée à nos métiers »
Ce sont donc des formations conçues pour tous les niveaux de compétence ?
A.B. : Il n’y a pas de prérequis de compétences techniques. Contrairement à un outil d’analyse de données, il s’agit d’outils qui sont accessibles. C’est la raison pour laquelle les LLM se diffusent rapidement aujourd’hui dans le monde professionnel et dans la société. Mais pour les profils qui sont un peu plus experts, nous offrons la possibilité d’aller plus loin, notamment dans la conception de prompts un peu plus complexes, des « boucles », des itérations… Nous invitons aussi des directeurs d’audit interne, des managers, à venir pour se rendre compte de ce qui est pertinent par rapport à leurs équipes, à leurs enjeux.
C.S. : Parfois, certains participants savent déjà bien prompter, mais ils ne sont en revanche pas experts de la méthodologie d’audit. Nous leur apportons alors une structure de prompts conforme à la méthodologie, pour justement s’assurer de bien respecter celle-ci. Nous proposons d’acquérir une compétence réellement appliquée à nos métiers.
Même si vous êtes expert en LLM, la façon dont GAIA a été conçu permet de gagner des heures de prompts pour tenter d’obtenir le même résultat avec un LLM généraliste. Les participants vont découvrir toutes ces possibilités et comment parvenir au meilleur résultat.
L’IFACI propose également ces deux formations en intra ?
A.B. : Oui,bien sûr. Avec des formations qui sont soit clés en main, soit sur mesure, en changeant les cas pratiques pour s’adapter aux sujets de l’organisation, à des programmes de travail particuliers. Cela peut prendre aussi la forme d’un challenge interne, c’est tout à fait possible.
Le sujet de la confidentialité est également évoqué ? Beaucoup le considèrent encore comme un frein à l’utilisation de tels outils ?
A.B. : Le vrai frein, c’est qu’il y a beaucoup d’organisations qui n’ont pas encore fixé de règles concernant l’intelligence artificielle et donc, par précaution, certains préfèrent attendre. Et c’est justement pour cette raison que ces formations sont intéressantes, en termes de préparation, pour se faire un avis et d’être prêt quand l’organisation aura défini une position.
C.S. : La confidentialité fait partie des premiers points que nous abordons, surtout sur la formation GAIA. C’est effectivement aujourd’hui une préoccupation, alors qu’avec GAIA, il n’y a pas de risques : on ne peut pas inclure de pièces jointes et les prompts ne sont pas conservés ni utilisés par ChatGPT pour l’entraîner.
L’IA évolue aujourd’hui à très grande vitesse, les formations s’adaptent-ils en permanence à ces évolutions ?
C.S. : C’est un sujet qui est effectivement extrêmement mouvant. Nous avons développé les premières formations en novembre et nous avons déjà renouvelé nos supports.Cela demande beaucoup de veille et il y a régulièrement de nouvelles pratiques. L’IFACI est d’ailleurs très proactif sur le sujet. Et ces formations doivent en permanence, tout comme l’IFACI, rester à la pointe de l’innovation.
1 Alice Boisson est la présidente du cabinet IAMIBI, auditeur certificateur IFACI et elle-même certifiée sur la gouvernance de l’IA.
2 Claire de Soras est cofondatrice et associée de Finaction consulting, auditeur certificateur IFACI et certifiée en intelligence collective.
3 Géraldine Sutra, experte indépendante Management des Risques et Contrôle Interne, Présidente de Strat&Risk depuis 2013.
4 À lire aussi : « Évolution de GAIA : l’intelligence artificielle pour construire une matrice des risques complète ».
5 Large Language Model, ou grand modèle de langage. Modèle d’apprentissage automatique capable de comprendre et générer des textes en langage humain.

