Évolution de GAIA : l’intelligence artificielle pour construire une matrice des risques complète

L’outil d’aide aux professionnels des métiers du risque​ conçu par l’IFACI, GAIA, poursuit son évolution, avec une nouvelle version d’un agent particulièrement puissant et utile. Explications de Jean-Loup Grosse, Responsable systèmes et organisation à l’IFACI, et Nicolas Narozniak, CEO de TeemZ, société spécialiste de l’IA générative, qui accompagne le projet. 

En 2025, GAIA avait déjà connu une série d’évolutions. Quel a été l’accueil des utilisateurs ?

Jean-Loup Grosse : Effectivement, 2025 a été une année importante pour GAIA avec de nombreux développements : amélioration de l’interface, possibilité d’intégrer des tableaux, plus grande précision du moteur de recherche, création d’une série d’agents spécialisés, etc. Les adhérents de l’IFACI ont été de plus en plus nombreux, chaque mois, à utiliser GAIA et ses différents agents d’intelligence artificielle, que ce soit pour les aider dans la formulation des recommandations d’audit, pour se référer aux nouvelles normes de l’audit interne et pour la construction des matrices des risques, des contrôles et des tests d’audit. Ou même, plus généralement, pour générer leurs programmes de travail. Plus de 8 000 questions ont ainsi été posées sur le seul mois de janvier 2026, et 1 400 utilisateurs uniques ont déjà fait appel à GAIA depuis sa mise en ligne en 2024.

Une évolution qui se poursuit aujourd’hui avec le lancement de nouvelles fonctionnalités ?

Nicolas Narozniak :  Depuis décembre 2025, une nouvelle version de l’un des agents GAIA, RCM Expert, pour Risk and control matrix (matrice des risques et des contrôles), est désormais disponible. Ce nouvel agent s’appuie sur un référentiel de risques, de contrôles et de tests d’audit de référence, constitué à partir de l’ensemble de la documentation de l’IFACI. Nous avons donc mis en place un agent spécial qui a parcouru l’ensemble de la documentation, et qui, page par page, paragraphe par paragraphe, a extrait et structuré les informations pertinentes, soit près de 100 000 éléments. Lutilisateur peut discuter directement avec lagent RCM Expert pour définir son contexte d’audit, comme il le ferait avec les autres agents de GAIA. Mais il arrive alors dans une interface radicalement différente de celle d’un chatbot, qui va déclencher un modèle de raisonnement spécifique, doté d’un certain nombre d’outils destinés à parcourir cette base de risques de référence issue de la documentation de l’IFACI.Avec pour objectif final de fournir une matrice de risque et de contrôle complète correspondant au contexte d’audit.

« Une base de travail très utile, parfaitement adaptée au métier »

Pour l’utilisateur, le fonctionnement de cet agent est-il différent ?

Nicolas Narozniak : Comme pour les autres agents GAIA, le point de départ est bien un promptque lon peut affiner jusqu’à ce que le contexte d’audit atteigne tel ou tel critère de qualité que l’on a défini. L’agent, qui va tourner pendant 5 à 10 minutes, va alors aller chercher dans la base des références à des risques similaires à ce qu’a évoqué l’utilisateur, analyser le résultat obtenu, « réfléchir »… Et une fois qu’il aura récupéré suffisamment de contexte, il va rédiger, dans un format structuré, la matrice complète.

Quels sont les premiers retours des utilisateurs depuis sa mise en ligne ?

Jean-Loup Grosse : Les utilisateurs semblent très satisfaits, en nous indiquant que les résultats obtenus offrent une base de travail vraiment très utile, et parfaitement adaptée au métier. Il est possible de vérifier les sources pour chacune des lignes proposées, à quelles pages de la base documentaire l’agent se réfère. Ce qui est utile à la fois pour s’assurer qu’il n’y a pas ce que l’on appelle des « hallucinations », qui peuvent se produire avec l’IA, mais aussi pour éventuellement regarder dans le document sourcé s’il n’y a pas, à côté, d’autres éléments qui pourraient être utiles.

Pouvez-vous nous parler des futures évolutions de GAIA dans les mois à venir ?

Jean-Loup Grosse : GAIA va continuer d’évoluer régulièrement au fil du temps et dautres développements sont déjà à l’étude pour répondre aux demandes et préoccupations des utilisateurs et des organisations. Si la question de la confidentialité s’est posée dès le départ du projet, il est aujourd’hui clair pour tous que les données (prompts et réponses) ne sont ni stockées ni utilisées pour entrainer des modèles d’IA. La confidentialité est au cœur de GAIA depuis les débuts du chatbot, ce qui représente vraiment une différence fondamentale par rapport aux chatbots grand public. Mais au-delà de la confidentialité, il y a un autre sujet émergent qui fait écho aussi à l’actualité récente : la souveraineté.

« Mettre à disposition l’intelligence fonctionnelle de GAIA dans les chatbots internes des entreprises »

Ce qui signifie donc de faire appel à des technologies françaises ou européennes ?

Nicolas Narozniak :  La plupart des solutions d’intelligence artificielle génératives existantes sont en effet américaines. Si GAIA est hébergé sur des serveurs en Europe, cest tout de même sur une infrastructure Azure Microsoft. Quant au modèle d’IA, qui construit finalement les réponses, il est hébergé en Europe mais appartient à OpenAI. Nous réfléchissons à une nouvelle version qui pourrait permettre de passer à la fois sur un cloud souverain, européen, voire français, et de proposer également aux utilisateurs d’utiliser des modèles d’intelligence artificielle français pour la plupart des agents. Le français Mistral semble, par exemple, tout à fait capable de répondre correctement à la plupart des questions posées sur la base des documents de l’IFACI.

Travaillez-vous sur d’autres projets d’évolution de GAIA à moyen terme ?

Jean-Loup Grosse : Nous souhaiterionsaussipouvoir proposer un partenariat aux organisations des adhérents qui ont déjà leur propre système d’intelligence artificielle. Afin de mettre à leur disposition GAIA, directement au sein de leur infrastructure, en respectant ainsi les règles de sécurité de chaque organisation, et avec la capacité de répondre de façon plus profonde aux spécificités de leur secteur dactivité.L’idée est de pouvoir finalement mettre à disposition l’intelligence fonctionnelle et les connaissances de GAIA directement dans les chatbots internes des entreprises. Et comme toujours avec GAIA, de façon sécurisée, pour faire en sorte d’être absolument certain que cela respecte toutes les problématiques de confidentialité et de sécurité des données des entreprises.

Plus d’informations sur GAIA : https://www.ifaci.com/gaia-by-ifaci/